le lundi 10 août 2026
Combien faut il payer une autrice de BD pour son travail ?
Cette année passée, ainsi que celle à venir, j'aimerais essayer de mettre en place un modèle économique viable pour la bd en ligne, ou au moins découvrir pourquoi ce n'est pas possible.
Mais viable pour qui au fait ?
Le partage de la valeur ajoutée
Le but d'un éditeur ou d'une plateforme de publication en ligne est très rarement de garantir la survie de celles et ceux qui sont édité‧es. Si vous êtes une maison d'édition, vos auteurs et autrices sont une source de coût et en bon gestionnaire, le but est de maintenir les coûts le plus bas possible.
Le but d'un artiste est à priori de gagner suffisamment sa vie pour vivre au quotidien ( manger, dormir, se soigner). En second peuvent venir un besoin de reconnaissance puis de notoriété mais disons que il faut à minimum vivre décemment avant de se préoccuper de passer au journal de 20h00. Si elles et ils le pouvaient, sans doute que les artistes se passeraient bien d'éditeur. Mais l'éditeur remplit une fonction bien utile pour les artistes : produire et distribuer leur travail. Ce qui a aussi un coût.
Au lieu de partir du schéma actuel :
"Je suis une maison d'édition ( ou une plateforme ) il faut que je produise des BD au coût le plus bas possible pour être rentable"
partons de :
"Je suis un‧e auteurice de bd, il faut que je vende suffisamment de livre pour m'acheter à manger".
Et remontons la chaîne.
La 1ère question est "de combien devrait disposer toute personne pour vivre correctement en France ?". Pas "combien mérite-t-on de gagner ?" mais "Si je consacre mon temps à travailler, combien me faut il pour manger et dormir correctement ?".
Ce n'est pas une question facile. On pourrait faire un budget de base loyer + nourriture + energie + etc. Il faudrait aussi prendre en compte les disparités selon le lieu de vie, ainsi que pleins d'autres facteurs. Pour entamer la réflexion, j'ai chois de prendre comme référence le salaire médian dans la fonction publique en 2025, que j'arrondirais à 2500€ net parce que c'est un joli chiffre.
( Rappelons que le salaire médian d'un pays est le salaire tel que la moitié des habitants qui travaillent gagne moins et l'autre moitié gagne plus ) Pourquoi le salaire médian ? Parce que je me dis que si vous disposez d'un revenu supérieur à celui de la moitié des gens de votre pays alors les conditions de vie pour vous dans ce pays doivent être suffisamment correctes (C'est évidemment sujet à discussion).
Si un artiste travaille sur une bd et que vous vendez cette bd, on va donc partir du principe qu'il faut qu'il dispose d'au moins 2500€ net à la fin du mois. Si vous publiez un feuilleton hebdomadaire, chaque épisode devrait donc rapporter 2500 / 4 = 635€ à l'artiste.
Si c'est une bd qui a pris 1 an à réaliser, ça devrait rapporter 12x2500 = 30 000€.
Notez bien que j'ai pas dit 'combien devrait gagner un artiste qui vend 500 bd et un autre qui en vend 50 000 ?'. Je pars du principe que à partir du moment où on travaille, on doit vivre décemment, ce qui est malheureusement loin d'être le cas pour les artistes actuellement.
Combien ça coûte de produire une bd ?
J'ai déjà écrit un article sur combien ça coûte de vendre en ligne. Demandons nous maintenant combien ça coûte pour que la bd arrive en ligne.
Cotisations sociales
On a fixé les besoins pour la production d'une bd mensuelle ( désolé de le dire comme ça ). Il faut que l'autrice, ou l'auteur, à l'origine de la bd récupère 2500€ net (net avant impôt pour celles et ceux qui veulent aller dans le détail ).
Avant cela il va falloir que l'éditeur ou la plateforme qui l'édite payent sa protection sociale. Si on considère que les auteurices sont payé‧es en droits d'auteurs, et même si il y a pleins d'autres manières, d'après le simulateur de l'ursaff cela veut dire que l'éditeur / la plateforme doit débourser environ 3000€ par mois / 750€ par semaine / 36000€ par an.
Pour l'instant, un épisode hebdomadaire de bd ça coûte 750€ par semaine.
Distribution et production
Rappelons qu'on parle ici de BD numérique qui est distribuée par Internet ( site web, réseaux sociaux, email, etc…). Beaucoup d'auteurs d'autrices s'occupent eux même de faire leur blog, leurs newsletter, leur Patreon,… Mais cela ne devrait pas être le cas. C'est du travail d'éditeur pour une raison importante sur laquelle je reviendrais plus tard.
Pour distribuer et vendre de la bd sur Internet, si on veut s'affranchir des réseaux sociaux, j'estime qu'il y a 4 sources de coûts (c'est ne pas qu'une estimation, c'est ce qui ressort des recherches que j'ai fait cette année)
- Le serveur internet, le fournisseur d'email, les outils logiciel divers comme le ?#*?$$#!! de logiciel de facture compatible facture électronique. 200€ par mois
- Le comptable, le service juridique, l'assurance, la banque,… Toute activité professionelle impose un certain nombre de démarches et obligations. Et croyez moi, ça chiffre vite. 500€ par mois.
- Une personne pour la technique ( une développeuse ou un développeur quoi_). Comme c'est moi qui m'y colle, on va heureusement pouvoir ne pas se préoccuper des lois du marché et considérer qu'il ou elle devrait être payé‧e le même salaire net que celles et ceux pour qui iel travaille, soit 2500€ net. Par contre, les cotisation salariales sont beaucoup plus élevées. Des salarié‧es ça coûte donc 4300€ par mois par salarié‧e.
- Bien qu'on puisse croire que les auteurices pourraient s'en occuper à l'ère d'internet, ce n'est pas leur métier et certain‧es n'aiment pas ça du tout : la communication. Il faut quelqu'un pour gérer les alertes et notifications sur tous les réseaux sociaux, voir même publier les bd sur le site, car après tout c'est pas le boulot d'un auteur de faire des billets de blog. Toujours selon la même idée, c'est 4300€ de plus ( 1 personne dédiée à ça).
Bref, total pour faire marcher un mini éditeur numérique en ligne qui vend des bd :
Pour l'auteurice : 3000€
Outils et infrastructure : 200€
Services et administratif : 500€
Autres salarié‧es‧: 8600€ ( ouch !)
TOTAL: 12300€
Mais on parle d'une structure d'édition, qui peut donc en théorie éditer plusieurs personne d'un coup sans que les coûts fixes ne changent. C'EST TOUT L’INTÉRÊT D'UNE MAISON D’ÉDITION.
D'expérience, la structure que je présente ci dessus serait en mesure de gérer 20 auteurices par mois ( ça fait à peu près un jour de dev et un jour de comm par artistes, ca parait tout à fait raisonnable). On va prendre un serveur plus gros (500€) pour gérer l'afflux, le comptable va demander un peu plus ( 1000€ ) et on va donc multiplier les sous des auteurs par 20 pour ce cas :
Pour les auteurices : 20*3000 = 60 000€
Outils et infrastructures: 500€
Services: 1000€
Autres salarié‧es‧: 8500€ ( j'ai arrondi pour faire un chiffre rond )
TOTAL FRAIS FIXES : 10000€
TOTAL DES DÉPENSES POUR 20 AUTEURICES : 70 000€
J'estime donc que pour faire fonctionner une structure qui permettrait la vente des bd de 20 auteurices, il faudrait générer 70 000€ de revenus par mois. C'est beaucoup.
Combien ça ferait en terme de ventes ?
Le prix d'une BD
Il y a énormément d'hypothèse à faire sur le type de "produits" à vendre et le prix que les gens seraient prêt à payer. Je vais simplifier à outrance poru les besoins de la réflexion. On va dire que chaque auteurice vend tous les mois un PDF à 4€ Hors Taxe ( 4€80 prix de vente, un prix généralement accepté).
Note: j'ai eu le comptable au téléphone pendant la rédaction de billet et il s'avère que un pdf de BD c'est aussi 5,5% de TVA. On peut donc vendre nos BD 4€10 et toujours toucher un tout petit peu plus que 4€
Cela pourrait être un autre modèle : un abonnement mensuel, une ou 2 grosses ventes par an… J'ai aussi réfléchi à ça et ça fera même l'objet d'un billet dédié.
Pour l'instant, on va se contenter de dire que les auteurices vendent leur bd sous forme de pdf une fois par mois, pour 4€ une fois la TVA payée.
De ces 4€, il faut retirer la commission du fournisseur de carte bleue. Je vais prendre 2,5% car c'est ce que j'ai réussi à construire actuellement.
4 - (4x2,5%) = 3€90
Une vente rapporte environ 3€90 à la structure. On a plus qu'à mettre ça dans nos chiffre précédents pour voir combien de ventes il faut faire
Pour un seul auteurice
12300 / 3,9 ~= 3 200 ventes
Pour 20 auteurices
70 000 / 3,9 ~= 18 000 ventes par mois
18 000 / 20 = 900 ventes par mois par auteurice
Pour qu'une seule autrice ou un seul auteur puisse avoir une structure qui l'accompagne, il faut avoir environ 3200 ventes par mois à 4€ (C'est beaucoup mais cela ne semble pas impossible). Avec un système d'abonnement, ce serait les même chiffres : environ 3000 abonnées par mois pour faire vivre un‧e auteurice et la structure, environ 20 000 abonnées pour en faire vivre 20 Attendez, je vais remettre les chiffres dans un gros encadré parce que c'est sans doute ce qui intéresse les gens.
Pour faire vivre une structure capable de distribuer les bd de 20 auteurices, il faut 20 000 abonné‧es ou 20 000 ventes par mois
La vente annuelle
Puisqu'on dispose de tous les chiffres, voyons rapidement un autre modèle qui consisterait plutôt en des ventes annuelles, soit au travers d'un événement comme le shortbox comics fair, soit toujours au travers d'une boutique mais en imaginant que ce sont les bd finies qui sont vendues et qu'il faille 1 an pour faire une bd ( hypothèse très hasardeuse ).
Ce n'est pas compliqué il suffit de tout multiplier par 12 donc
Pour qu'une structure de bd numérique soit rentable pour faire vivre 20 auteurices il faudrait qu'elle fasse 18000x12 = 216 000 ventes par an. Ou 10800 ventes par auteur par an.
Est ce que 10800 ventes, disons 10 000, par livre par auteur est raisonnable ? Non. C'est loin des chiffres de ventes constatés habituellement.
(Rule of Thumb : la majorité des auteurs et auteurices font 500 ventes par livre. 3000 est considéré comme un succés. Les auteurs, autrices que perçus comme des gros vendeurs font 20 000 ventes par ouvrage Le modèle du "un livre par an par auteur" parait donc difficilement viable._)
1000. C'est le nombres de ventes par mois par auteurices qu'il faut faire.
Bizarrement, même si ce sont les mêmes chiffres au final, il parait plus accessible de faire 900 ventes par mois par auteurice que 10 800 ventes par ouvrage annuel.
Tous ces calculs font plusieurs approximations. mais ils valent cependant pour 2 choses :
- l'exercice mentale
- les ordres de grandeurs, qui sont a peu près correctes.
Ainsi, pour mettre une dernière couche de simplification, on va retenir que pour qu'une structure de distribution numérique de plusieurs auteurices soit viable, chaque auteurice doit faire en moyenne 1000 ventes à 4€ par mois
Voyons ce que ça donne 10 auteurices ?
10 auteurices = 10 000 ventes
10 000 ventes = 39 000€ après la commission bancaire
37 500€ après les frais de fonctionnement ( infrastructure, comptables, banque, assurances, légiste,…)
29 000€ après avoir payé la développeuse et le chargé de communication
2900€ brut par auteurice
2435€ net par auteurice après paiement de l'ursaff (*2170€ net si vous décidez de surcotiser* )
20 auteurices ?
(sortons la formule)
84% *(((20 * 1000 * 4) - (500 + 1000 + 8500)) / 20) = 2940€ net
(oui, c'est plus car on mutualise les coûts)
Je vous met meme le tableau, sous l'hypothèse de 1000 ventes par mois par auteurice donc (ou 1000 abonnements par mois, ou 250 ventes par semaines)
| nb d'auteurices dans la structure | revenu net par auteurice |
|---|---|
| 5 | 1680€ |
| 10 | 2520€ |
| 15 | 2800€ |
| 20 | 2940€ |
| 50 | 3143€ |
| 100 | 3287€ |
(notez que pour 50 personnes on est passé à 3 salarié‧es, 4 salarié‧es pour 100 personnes)
Justice
Ok super les communistes tout le monde gagne pareil. Mais qu'est ce que je dis à mon autrice qui fait 5000 ventes par mois ? Et celle qui a pris des risques avec son projet et n'a fait que 5 ventes ce mois ci ?
On aimerait que les ventes par "rang d'auteur" soient uniformes :

lire : l'auteurice qui est numéro 1 au classement des ventes à fait 1000 ventes. Celle ou celui qui est numéro 2 à fait 1000 ventes. Le numéro 3 aussi etc…
Mais en pratique le nombre de ventes par auteurices va sans doute ressembler à ça :

Lire : la plus grosse vendeuse à fait 6700 ventes. Le 2ème plus gros vendeur 4500 ventes…Le 20ème plus gros vendeur à fait 3 ventes.
En matière de ventes, ou de succées par des individus, on retrouve toujours la même distribution. (une loi exponentielle), avec juste une pente qui descend plus ou moins vite ( ici j'ai pris une valeur de paramètre lambda = 0.4).
La personne qui vend le plus vend, par exemple, 6000 livres. La suivante en vend 4000, la 3ème 3000, etc…jusqu'à arriver à des chiffres de ventes largement inférieurs à ce qui serait nécessaire pour vivre.
J'ai volontairement construit un tableau de ventes, fictifs de manière à ce que la moyenne fasse environ 1000 ventes ( et donc la somme de nos 20 auteurs 20 000 ventes soit de quoi faire vivre notre petite structure)
Cela donne à peu près les chiffres suivants :
| rang de l'auteurice | nombre de ventes |
|---|---|
| #1 | 6700 |
| #2 | 4500 |
| #3 | 3000 |
| #4 | 2000 |
| #5 | 1300 |
| #6 | 900 |
| #6 | 600 |
| #8 | 400 |
| #9 | 270 |
| #10 | 180 |
| #11 | 120 |
| #12 | 80 |
| #13 | 50 |
| #14 | 40 |
| #15 | 25 |
| #16 | 20 |
| #17 | 10 |
| #18 | 7 |
| #19 | 5 |
| #20 | 3 |
Total des ventes : 21210
Ventes moyennes par auteurice : 1060 ventes par moi
Ces ordres de grandeurs, d'après ce que j'ai pu en observer et discuter avec des auteurices, sont tout à fait plausibles sur internet ( pas pour des ventes classiques en librairie, dont les ordres de grandeurs sont plutôt ce que j'évoquais plus haut ).
Les plus gros succées font environ 5000 à 6000 ventes, la majorité font entre 100 et 500 ventes et certains projets ne font qu'une petite dizaines de ventes.
Mais c'est l'avantage d'une structure d'édition ou d'une structure de coopération ! Les projets qui ne rencontrent pas un succés commercial font quand même vivre leurs auteurices grâce à celles et ceux qui ont eu plus de chance, permettant ainsi aux artistes de se sentir à l'aise pour explorer et prendre des risques.
Cependant, on ne peut pas se contenter de forcer l'égalité pour tout le monde. On peut le regretter mais dire à la personne qui fait 6000 ventes qu'elle va toucher autant que celles qui en fait 3 est un bon moyen de voir votre structure exploser ou vos meilleurs vendeureuses partir vers des cieux plus clément pour eux et leur famille.
Voyons comment évaluer une juste redistribution et éventuellement corriger les inégalités.
Hé ho ca va bien les gauchos là si Astérix il en vend 60 millions c'est normal qu'il soit millionnaire.
Non.
- On peut tous et toutes réussir un jour et échouer ensuite. Vivre au sein d'une organisation qui garantit que les succées d'un jour permet les échecs d'un autre est rassurant
- En matière créative, scientifique et artistique, je ne pense pas que le succées commercial soient un marqueur pertinent pour mesurer ce qu'on apporte à la société. J'ai lu des BD indépendantes originales et pleines d'idées, j'aimerais qu'elles puissent continuer à exister même si il s'en vend 50 par an.
- Quoi qu'il en soit, aucun projet de société commun ne justifie des différences de revenus énormes. Qu'un succées commercial vous permette de partir en vacance en famille dans un chouette camping, c'est cool. Par contre, que vous y allez en jet privé pendant que votre entourage se nourrit de pâtes, bof.
Bref, tachons de mesurer un peu objectivement ces inégalités.
Enter the Gini.
Ne réinventons pas la roue chaude, il existe un indicateur pour mesurer les inégalités dans une distribution de revenu, qui s'appelle coefficient de Gini.
C'est compliqué à comprendre mais c'est un bon indicateur rapide d'inégalité. Retenons que il vaut entre 0 et 1, que 0 est la société parfaitement égalitaire ou tout le monde gagne pareil et 1 une société avec une seule personne qui gagnerait tout l'argent.
Dans notre cas il vaut 0,75. Pas ouf.
Rappelons le revenu par auteur dans notre situation
Pour 20 auteurs, on fait 78 000€ de CA ( une fois les comissions bancaire enlevées). De ces 78 000€ il faut soustraire environ 10 000€ de frais de fonctionnement puis les cotisations sociales, qu'on va arrondir à 16%
Dans le système que je présente, au final, un auteur recoit environ 85% de ce qu'il a vendu (super grosse estimation mais le chiffre de 15% fonctionne pas mal d'une manière générale). Si on prend nos chiffre cela fait :
Pour le plus gros vendeur
6700 ventes * 4€ * 85% = 22780€
Pour la 8ème, qui a vendu 400 exemplaires
400 ventes * 4€ * 85% = 680€
et 10€ pour l'artiste qui aura vendu 3 exemplaires ce mois ci.
Clairement, avoir au sein de la même société quelqu'un qui touche 22 780€ par mois et un autre 10€ c'est pas génial. Il va falloir trouver un moyen de corriger ça.
Conclusions temporaires.
Jusque présent, j'ai argumenté qu'il était possible d'envisager une structure d'édition numérique capable de distribuer le travail d'une vingtaine d'autrice et auteurs et de leur procurer un revenu décent si ils et elles font chacun 1000 ventes à 4€ par mois.
Les choses étant ce qu'elles sont, on sait cependant que en pratique 3 projets, ou 3 autrices ou auteurs, vont représenter plus de la moitié des ventes. Si l'on veut conserver la prise de risque et l'égalité au sein de la structure, il faut donc un mécanisme redistributif.
C'est un sujet compliqué, qui mérite une réflexion plus poussée et un prochain article à part entière.